WE TRU$T
UN RAPPORT PAYÉ. ET QUEL RÉSULTAT ?
Les chiffres du conseil changent avec les années, les acheteurs et les catégories retenues. Une dépense identifiable ne constitue pas encore une mesure de son utilité.
En 30 secondes
L’annexe au PLF 2025 sur les conseils extérieurs recense, pour son périmètre 2023, 73,44 millions d’euros d’engagements et 87,03 millions de paiements. Ce sont deux mesures différentes. L’enquête de la Cour publiée en juin 2025 identifie aussi 195 millions sur cinq ans dans un échantillon de quinze collectivités. Additionner ces chiffres ne donne pas un total annuel de tout le conseil public français. Pour répondre correctement, il faut préciser année, périmètre, type de prestation et étape budgétaire. [S1][S2]
01 — LE CHOC. Commander et payer ne sont pas la même ligne.
Une administration fictive signe une mission de 100 000 euros en décembre et paie 20 000 euros cette année-là, puis 80 000 la suivante. La première année, l’engagement et le paiement diffèrent sans qu’une somme ait disparu. Additionner le contrat et ses deux paiements ferait compter deux fois le même service.
L’annexe « Recours aux conseils extérieurs » au PLF 2025 présente justement deux colonnes pour son bilan 2023 : 73 441 766 euros d’autorisations d’engagement consommées et 87 031 362 euros de crédits de paiement. Le document mesure un périmètre de prestations identifié. Il ne faut pas le présenter comme la totalité actuelle de toute intervention privée dans les administrations. [S1]
02 — LES PIÈCES. Le périmètre décide du total.
Le mot « conseil » peut couvrir stratégie, organisation, expertise métier ou des prestations informatiques selon les nomenclatures. Une série étroite ne se compare pas directement à un ensemble plus large de services intellectuels. La diminution d’une ligne exige donc de vérifier ce qui est comptabilisé ailleurs avant de conclure à une baisse équivalente de tous les achats externes.
La Cour des comptes a examiné quinze collectivités dans une enquête publiée le 10 juin 2025. Elle chiffre leurs prestations à 195 millions d’euros sur cinq ans et relève que le besoin était souvent insuffisamment défini et l’évaluation rarement formalisée. Ce résultat d’échantillon n’est pas un total national. Il n’autorise pas non plus à considérer toute mission comme inutile. [S2]
La différence importe pour le contrôle : un audit ponctuel nécessitant une compétence rare ne se juge pas comme une fonction récurrente qu’une équipe pourrait conserver. Le besoin, la durée, les compétences disponibles et la capacité à réutiliser le travail doivent être précisés avant l’achat. Une facture détaillée n’établit pas à elle seule que la bonne question a été posée.
03 — LES CONSÉQUENCES. Un livrable ne suffit pas.
Imaginons une mission fictive facturée 80 000 euros pour identifier une économie annoncée de 200 000 euros par an. Si l’administration ne met aucune recommandation en œuvre, l’économie reste une promesse. Si elle agit mais engage 180 000 euros de dépenses supplémentaires pour y parvenir, le bilan diffère encore. Le montant du rapport n’est qu’une partie de l’évaluation.
Le rapport commandé a-t-il été utilisé, et qu’a-t-il permis de changer ? Il faut aussi examiner l’alternative interne. Réinternaliser demande des compétences et des recrutements ; acheter une expertise ponctuelle demande de savoir la piloter et juger son résultat.
Le contrôle ne consiste donc pas à choisir un chiffre unique spectaculaire. Il consiste à suivre un engagement, ses paiements et son résultat, sans transformer une commande en économie réalisée. Pour comparer les années, les nomenclatures et les acheteurs doivent rester visibles. Une dépense de conseil mérite une preuve d’usage, au même titre que les autres dépenses publiques.
POUR ALLER PLUS LOIN — MÉTHODE, CALCULS ET LIMITES
Le bilan national cité porte sur 2023 et est publié dans une annexe au PLF 2025 ; il n’est pas présenté comme le coût de 2026. Le montant de 195 millions concerne un échantillon sur cinq ans, pas une dépense annuelle de toutes les collectivités. Nous ne calculons donc aucun total national en additionnant ces séries. Les engagements, les paiements et les montants maximaux d’accords-cadres sont distincts. La satisfaction déclarée par un commanditaire ne remplace pas la mesure d’un résultat, mais l’absence d’une mesure ne démontre pas mécaniquement l’absence de toute utilité. Aucun cabinet particulier n’est accusé de surfacturation ou de faute sur la base de ces seules données.
Méthode : analyse documentaire de sources primaires. Les simulations sont signalées ; elles ne sont pas des résultats d’enquête. Les propositions de THEFAKEBANK sont distinguées des constats. Signaler une erreur : contact@thefakebank.com.
LES SOURCES.
Documents contrôlés le 22 octobre 2026. Dates des documents, périodes des données et limites d’accès précisées ci-dessous et dans le texte.
Laisser un commentaire